Blog Le JR

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mardi 25 septembre 2007

Interview de Marine Le Pen - vice-présidente du Front National

L'interview date du vendredi 21 septembre 2007, la veille de l'agression dont a été victime Marine Le Pen.

Geoffrey La Rocca : Marine Le Pen bonjour

Marine Le Pen : Bonjour…

G.R : Alors c’était une semaine chargée pour le président Nicolas Sarkozy, régimes spéciaux, retraites, fonction publique, qu’avez vous pensé des 2 discours ?

M. P : Ah et bien écoutez je crois qu’il n’y pas grand chose à en penser sur le plan de la communication, on est toujours dans le même système de « on s’agite, on s’agite » et puis comme ça on évite de laisser de la place éventuellement à la critique, mais sur le fond il y a beaucoup à en dire. Et notamment sur le régime de retraite parce-que Nicolas Sarkozy se fixe sur les régimes spéciaux parce qu’il sait que ça parle au peuple de droite, mais en réalité il est évident que si ces régimes spéciaux sont profondément injustes ça n’est pas leur réforme qui règlera le monstrueux problème des retraites. Monstrueux problème qu’il a d’ailleurs aggravé par sa volonté de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux, sans avoir relancé l’économie et donc sans avoir relancé l’emploi dans le privé. Il est évident que ces fonctionnaires contribuent au financement des retraites, et que si demain ils sont moins beaucoup nombreux le système de retraite sera alors encore plus en faillite, si tant est que rien ne soit fait pour mettre en place un système qui voit le chômage baisser.




G.R : Le ministre des Affaires Etrangères Bernard Kouchner a été interrompu cette nuit par des pacifistes lors d’un discours à Washington, sur une des banderoles on pouvait lire « Bush + Kouchner = va t’en guerre sans frontières », Marine Le Pen, Bernard Kouchner est-il un va t’en guerre ?




M. P : Oui tout à fait évidemment, les déclarations qui ont été faites par Bernard Kouchner sont extrêmement graves sur le fond, et moi je pense que cela n’est pas de la maladresse comme on cherche à nous le faire croire, je pense que c’est une véritable conviction, Bernard Kouchner veut faire la guerre à l’Iran. Je pense d’ailleurs que le président de la République est très ambigu sur ce sujet, ces ambiguités avaient déjà été révélées à la fin de la campagne présidentielle, qui sont la conséquence sur l’alignement de la politique américaine, et vont avoir des conséquences dramatiques si tant est qu’ils aillent au bout de cette volonté guerrière. Vous savez je me méfie toujours des gens qui veulent lancer des guerres, qu’ils y aillent d’abord avant d’envoyer de jeunes français.




G.R : Est-ce qu’on doit s’attendre au pire avec l’Iran ?




M.P : Non, on doit s’attendre au pire avec Bernard Kouchner.




G.R : Et pourtant le député socialiste Michel Rocard, soutient le ministre des Affaires Etrangères, « l’Iran pose un problème terrifiant » selon lui, alors est-ce qu’on se voile la face sur le programme nucléaire Iranien ?




M.P : Moi pour l’instant je crois qu’il faut être extrêmement prudent, parce qu’on nous a déjà fait le coup pour l’Irak, on nous avait aussi dit que l’Irak avait des armes de destructions massives, on a lancé une guerre, et il faut admettre que Jacques Chirac s’est bien comporté en refusant de laisser la France entrer dans cette guerre, et on voit les conséquences. La conséquence a été une population civile décimée, martyrisée, ca a été une économie ruinée, et ca a été le renforcement des éléments les plus durs des islamistes. Donc, bénéfice de la guerre en Irak : triple zéro. Guerre qui, je le rappelle, a été lancé sur des fausses accusations, les Etats-Unis commencent à être coutumiers du fait, je pense qu’il faut être prudent avec l’Iran, il faut pas être naïf mais il faut être prudent, pour l’instant aucun des experts n’est capable de dire que l’Iran pourrait avoir la bombe atomique dans des vues militaires d’ici de nombreuses années. Par conséquent je crois qu’il y a derrière ça un alignement sur la politique américaine qui me paraît remettre totalement en cause le positionnement que la France avait pris depuis déjà de très nombreuses années.




G.R : Les OGM, Laurent Wauquiez, le porte-parole du gouvernement, affirme qu’aucune décision n’est prise pour l’instant, faut-il selon vous interdire la culture des Organismes Génétiquement Modifiés en France ?




M.P : Je crois qu’il faut laisser la recherche s’effectuer en milieu clôt, je pense qu’il est toujours utile d’être prudent dans ce domaine, parce que c’est vrai que nous connaissons mal les conséquences exactes que peuvent avoir les OGM sur l’équilibre de la nature, et par conséquent sur la santé des humains, mais il faut continuer les recherches, parce que si nous ne continuons pas les recherches en milieu fermé, ce sont les organismes détenus par les multinationales américaines qui demain nous imposerons leurs cultures, qui ruineront nos paysans et interdiront à nos paysans de ré ensemencer puisque c’est quand même ça le fondement même du droit de l’agriculteur. Donc soyons prudents mais ne soyons pas non plus totalement en retrait, et surtout maintenons notre indépendance alimentaire par l’intermédiaire de l’indépendance de notre recherche.




G.R : La méthode Sarkozy, le président communique beaucoup, il évince même son Premier Ministre dans les médias, qu’en pensez-vous ?




M.P : J’en pense du mal en l’occurrence surtout parce que je crois que tout ça est une série d’effets d’annonces, on voit bien comment fonctionne Nicolas Sarkozy, il lance un débat en essayant de créer une polémique, évidemment la gauche, qui est la plus bête du monde, se lance à sa suite, et accrédite une réforme que Nicolas Sarkozy finit par ne pas faire. Il ne faut pas être dupe de ce fonctionnement, c’est vrai qu’il est assez désagréable avec son premier Ministre, c’est le moins que l’on puisse dire, il l’a traité purement et simplement d’assistant, de collaborateur, je pense que chacun doit être à sa place, mais en même temps il veut assumer la responsabilité totale de sa politique, et bien il assumera la responsabilité totale de son échec.




G.R : Ne faut-il pas attendre un peu avant que les réformes qui ont été prises cet été et celles qui vont l’être cet automne, rentrent vraiment en action ?




M.P : On dit que justement elles doivent être faites dans les 100 jours sinon elles ne le seront jamais. Elles n’ont pas été faites, je pense donc qu’elles ne le seront jamais. Sans compter qu’il y a tout de même toute une série de reniement que l’on peut déjà pointer et qui sont extrêmement grave. La France a dit 3 fois « non ». Elle a dit « non » à l’Irak, elle a dit « non » à l’entrée de la Turquie dans l’Europe, elle a dit « non » à la constitution européenne. En l’espace de quelques jours Nicolas Sarkozy vient de dire qu’elle dirait « oui » à ces 3 possibilités puisque concernant l’Irak il est pour un renforcement de la présence en Afghanistan ce qui veut bien dire qu’on est dans cet axe là, que concernant la Turquie, et contrairement aux grandes déclarations « je ne vous trahirais pas, je ne vous décevrais pas » et bien il est en train de trahir purement et simplement la volonté des Français de ne pas voir la Turquie entrer dans l’Europe, et ses propres propos d’ailleurs, et évidemment concernant la Constitution Européenne, il est en train de prévoir un mini traité Européen qui est purement et simplement la constitution mais avec d’autres mots pensant que les Français sont trop stupides pour s’en rendre compte.

dimanche 2 septembre 2007

Université d'été du Parti Socialiste à La Rochelle

En cette fin d'été, après l'échec aux présidentielles, et alors que de nombreuses figures du parti font cavalier seules, le Parti Socialiste se retrouve à La Rochelle pour la traditionnelle université d'été. Dans le texte l'objectif a le mérite d'être clair: le "diagnostic pour la rénovation", voilà le thème de cette université d'été. Mais en réalité l'enjeu est beaucoup plus compliqué. Les différentes figures du parti se déchirent, et ils sont d'ailleurs nombreux à bouder la réunion rochellaise. François Rebsamen, Martine Aubry, Jean-Luc Mélenchon, Jack Lang, Dominique Strauss-Kahn, tous absents. En l'absence des figures habituelles, l'objectif de rénovation passe par d'autres chemins. Ce n'est évidemment pas en 3 jours que cette mutation peut s'opérer, mais La Rochelle 2007 peut servir de point de départ à une transformation. Mais sur quelles idées? Avec qui pour les porter? Le Parti va-t-il prendre un virage social démocrate? Voilà les questions qui se poseront au Parti durant les prochains mois, et dès cette université d'été...

Dès la séance d'ouverture, Jean-Cristophe Cambadélis, président de l'université d'été, affiche sa volonté de rénovation, et pour cela il prône l'unité au sein de la famille socialiste. Cette volonté d'union s'adresse évidemment aux brebis galeuses que sont les Jack Lang, Michel Rocard, Bernard Kouchner et autres, qui ont accepté de collaborer avec le président Sarkozy. Et rapidement l'ancien directeur de campagne de Ségolène Royal attaque Nicolas Sarkozy et ses premières mesures. Paquet fiscal, pouvoir d'achat, hausse des prix, tout y passe. Pour lui, "plus le gouvernement, repousse son plan d'austérité, plus il sera dur et brutal". Quant au gouvernement de François Fillon, il "n'est rien en lui même, il vît dans l'attente des décisions de son chef". Mr Cambadélis refuse le clivage entre anciens socialistes, et petits nouveaux, et préfère mettre l'accent sur le devoir de réflexion commune, appelant les socialistes à se "dépasser".




Principale intervenante du jour, Ségolène Royal. Accueillie en véritable star, et notamment par les jeunes militants, l'ancienne candidate socialiste à la présidentielle parle de "vent nouveau" à propos de cette université d'été. Tout en rappelant le rôle prépondérant des militants, la présidente de région Poitou-Charente fixe elle aussi pour objectif la reconstruction. Et pour elle la "rénovation des idées et du parti passe par une meilleure articulation au niveaux local, national et mondial...Tout en critiquant l'action du président Sarkozy, elle met en valeur l'action des socialistes, prenant notamment en exemple la réforme de l'indice des prix évoquée par Nicolas Sarkozy récemment. Elle rappelle "qu'il y a quelques mois cette idée le faisais ricaner, je disais n'importe quoi, aujourd'hui qu'il se mette à l'heure". Par ailleurs Mme Royal veut replacer l'écologie au coeur des débats pour la reconstruction du parti, " les socialistes ne doivent plus sous traiter la question écologique à d'autres".

Une séance d'ouverture dont on peut retirer plusieures informations. D'une part, et contrairement à ce que certains laissaient entendre, les militants ont répondus présent malgré une lassitude certaine devant l'immobilisme de leur parti et la succession des défaites électorales. D'autre part la volonté de rénovation semble être unanimement partagée, tant du côté dirigeants que du côté militants. Mais l'absence de nombreux ténors vient ternir cette belle volonté. Finalement l'enjeu de ce séjour est de servir de bouillon d'idées, afin de préparer les congrés prévus durant les prochains mois par François Hollande. Reste à allumer le gaz sous la marmite....

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