jeudi 3 juillet 2008
Une soirée inoubliable
Par Romain Delacroix, jeudi 3 juillet 2008 à 00:49 :: General

Il était 21H16 ce 2 juillet lorsque sur les écrans des rédactions la dépêche tombe : Ingrid Betancourt a été libérée selon l’armée colombienne. Plus tard on apprendra que trois américains et onze autres militaires en captivité avec elle ont également été libérés dans la même opération. A ce moment là les chaines infos et les radios spécialisées annoncent l’information mais utilisent le conditionnel. Il faudra attendre une dépêche de l’Agence France Presse quarante minutes plus tard dans laquelle l’Elysée confirmée la libération, pour prendre l’importance de l’événement. Une intervention du président de la République est fixée… La famille Betancourt est attendue à l’Elysée pour partir avec le ministre des affaires étrangères Bernard Kouchner dans la soirée vers la Colombie. Dans le même temps sur les différents médias les membres de la famille d’Ingrid Betancourt expriment leurs joies, son fils Lorenzo émue "c'est une immense joie, une joie indescriptible. Je n'arrive pas à y croire". Dans le même temps les députés en séance s’interrompent pour applaudir la nouvelle.
Plus tard on a eu plus de précisions sur les circonstances de la libération. Selon le ministre colombien de la Défense, les otages ont été libérés lors d'une opération héliportée de l'armée "au cours de laquelle il a été possible d'infiltrer le premier cercle des Forces armées révolutionnaires de Colombie". Comme les otages séquestrés étaient divisés en trois groupes, l'armée, invoquant grâce à ses agents infiltrés parmi les gardiens guérilleros un faux ordre d'Alfonso Cano, le nouveau chef des Farc, a obtenu que les otages soient réunis "soit-disant toujours sur ordre de Cano" par leurs geôliers et que leur transfert se déroule dans un lieu du sud du pays. "Puis un hélicoptère, qui en réalité appartenait à l'armée nationale et avait à son bord des membres des services secrets, a libéré les otages dans le lieu de regroupement à proximité du département du Guaviare", a précisé Juan Manuel Santos. "César", le chef des geôliers des Farc, et ses guérilleros ont été immédiatement "neutralisés et les otages sont actuellement libres", a-t-il ajouté.
Vers 23 heures brève allocution du président de la République, Nicolas Sarkozy, enregistrée. "Aujourd'hui s'achève donc un calvaire de plus de six années. Ingrid est en bonne santé", annonce le président de la République. Le chef de l'Etat remercie tout d'abord le président colombien Alvaro Uribe pour cette libération et y appelle les Farc à cesser "leur combat absurde et moyenâgeux", réitérant toutefois son offre d'asile aux guérilleros qui déposeraient les armes. "Que le président Uribe reçoive la gratitude de l'ensemble du peuple français", déclare le président de la République qui remercie "tous les autres chefs d'Etat d'Amérique du Sud" et notamment le président Hugo Chavez dont l'intervention a été très critiquée.
Nicolas Sarkozy rend aussi un hommage appuyé à "Tous ceux qui en France se sont mobilisés : les comité de soutien, les artistes", citant notamment le chanteur Renaud Séchan. "Je voudrais dire à Ingrid qu'on l'embrasse, qu'"on est fier de son courage, qu'on est heureux pour elle", a ajouté le président, entouré des deux enfants de l'ex-otage Mélanie et Lorenzo, et de sa soeur Astrid. Enfin pour conclure il ajouta : "Je voudrais que mes derniers mots soient pour le soldat (Gilad) Shalit et pour ses parents. Nous ne l'oublions pas. La France est toujours prête à se mobiliser quand quelqu'un est injustement retenu", a affirmé Nicolas Sarkozy.
Peu après minuit images en direct de Colombie où l'on voit l’avion transportant les ex-otages. On y voit alors Ingrid Betancourt en sortir en bonne santé, souriante, agrippant sa mère sur le tarmac. Elle raconte sa libération remercie la Colombie et la France. A la fin de son intervention elle s'est mise à genoux pour prier.













