Intenet est un formidable moyen de s’exprimer, il est donc pris d’assaut par ceux qui cherchent à « dire les choses ». C’est l’espace de liberté voulu par la génération 68. Problème : le gouvernement éprouve des difficultés à s’intégrer dans cet espace.

Le Premier ministre François Fillon est un vrai technophile (Photo ElyseeInside.fr)
Le gouvernement cherche depuis longtemps un moyen de contrecarrer les rumeurs, les fausses informations, voire garder la maîtrise de certains débats. Alors que mes confrères de la rédaction du Post évoquaient récemment la méconnaissance du Président sur les questions relatives à Internet, le chef de l’Etat s’est en fait assez bien entouré.
Fillon 2.0
Le Premier ministre est le premier technophile des sarkozystes, on se souvient par exemple de son poste de ministre délégué à la Poste, aux Télécommunications et à l'Espace dans le gouvernement d’Alain Juppé en 1995. C’était le premier à se plaindre de l’absence d’un accès à Internet à l’époque dans son ministère. Plus récemment, lorsque j'évoquais le web 2.0 avec François Fillon, le chef du gouvernement semblait très intéréssé et passionné par notre échange à Matignon. Et pour l'anecdote, notre Premier ministre utilise régulièrement un Iphone.
Réunion de conseillers web
Je lisais Le Figaro hier matin et surprise, mon confrère Charles Jaigu évoque la communication gouvernementale sur le web, mais j'ai voulu savoir quel était vraiment le casting sur le sujet.
Selon mes informations, il existe bien une nouvelle réunion consacrée au web, mais elle n'a rien d'officielle. Sa vocation est principalement politique et chaque ministre ne dispose pas de conseiller web. Ce rendez-vous réunit en fait les conseillers en communication qui sont intéréssés par la question du web. Autour de la table, trois animateurs principaux :
- Nicolas Princen, chargé de mission Internet à l’Elysée depuis 1 an, l’œil de l’Elysée sur la toile pour certains. Son travail se résume en fait surtout à de la veille, ce qui est l'usage dans la communication de nos jours.
- Severin Naudet, conseiller du Premier ministre François Fillon
- Vincent Ducrey, conseiller web de Luc Chatel, secrétaire d’Etat à la consommation et porte-parole du Gouvernement.
Deux autres acteurs importants
- Franck Louvrier, le conseiller en communication du Président de la République qui semble accorder de l'importance à la question, malgré son emploi du temps plus que chargé.
- Le SIG (Service d'information du Gouvernement) adopte une posture plus neutre mais participe régulièrement aux discussions sur le sujet (Thierry Saussez, le patron de ce service dispose pour cela de conseillers très impliqués comme Bruno Denoyelle notamment.)
Différents projets sont en préparation, un nouveau portail du gouvernement mis en ligne dans les prochains mois, le fameux France.fr ainsi qu’une web TV gouvernementale.
Autant d’outils qui vont permettre à l’exécutif d’investir la toile avec toujours ce désir de contrôle, mais qu'il faut percevoir comme une veille sur l’exactitude des informations qui circulent et non une réelle atteinte à la liberté d’expression. L’ORTF, c’est bien fini !
Geoffrey La Rocca
(Sources : Article de Charles Jaigu dans le Figaro ; geoffreylarocca.fr )